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36 17 COCU

Whaaaahou !!!
Celle là je la trouve énorme. C’est une blague ? Une parodie ? Un canular ?
Je me pose la question, en tout cas…
Voila.

Moi qui oublie presque toujours d’allumer ma radio (oublis chroniques), là je me suis amusée à la laisser sur Skyrock. C’est bon, parce que j’y retrouve quelques unes de mes musiques. Et puis d’autres, que je ne vais jamais pouvoir m’approprier. Mais c’est pas le sujet, hein...

Non parce que le meilleur, sur Sky, ce sont les pubs… Fantastique, vraiment.
En voila un spécimen.

« Tu veux savoir la vérité sur ton couple ? Envoie COCU par texto au (tel numéro), et tu sauras tout de suite si ton ou ta chéri est sincère avec toi ! Alors tape vite C-O-C-U, pour découvrir enfin la vérité ! »
…..
Je vois déjà le mec à son prochain rendez vous avec son amoureuse.
-Micheline, pourquoi tu m’as fait çaaaaa ? Pourquoi tu m’as trompéééé ?
-Oh Michel !!! Tu as composé le C-O-C-U ?
-Oui, ils m’ont tout dit… C’EST FINI ENTRE NOUS !

Là, c’est Michel qui accuse Micheline (preuves brillantes à l’appui), mais ça pourrait aussi être Micheline qui accuse Michel. On n’est pas sectaire.

Mais j’a-dore, en tout cas. « Eh, les potes, et si on tapait 3617COCU pour savoir qui va passer pour un connard ? »

Soit les gens n’ont vraiment pas d’autre moyen de s’amuser, soit on nous prend vraiment pour des gorilles attardés mentaux. Je préfèrerais encore la première hypothèse, mais pourtant…
26.11.06 21:02


Art de vivre l'hiver à Paris

Alors voila, l’hiver est arrivé. Avec ses ciels noirs, ses pluies épaisses et glaçantes, ses températures à faire frissonner un Norvégien. Avec ses bottes en daim à faire sécher sous le radiateur, le soir (oui oui, les mêmes bottes qui t’ont torturées toute la journée). Avec des gens encore plus impolis et agressifs que d’habitude.

Je viens de me faire éborgner par un parapluie, là, dans la rue. J’étais trop occupée à relever mon pantalon. Tout en protégeant ma baguette de pain. Tout en évitant les cascades tombant du haut des stores des magasins. Et la boue du chantier du coin. Et tout en essayant de voir quelque chose entre les gouttes, sur mes lunettes. Le tout en marchant sous cette satanée pluie.
Donc j’étais très affairée, c’est vrai, et je n’ai pas vu arriver la mamie avec son parapluie. Enfin non, je n’ai pas vu débouler cette masse galopante et armée d’un éperon… Eperon qui est venu allègrement me caresser le front. C’est ça, l’amour vache. Donc un peu sonnée, je me retourne pour harponner la vache en question. Chacun son tour, hein.
Mais trop tard… Je pouvais crier, la bufflonne était déjà en train de galoper 20m plus loin.
Y sont bien conservés, les bovins, à Paris…

Quelques minutes avant cet incident, j’étais, comme la plupart des parisiens, dans le métro, pour essayer de rentrer chez moi. Il faut préciser que tout le département 75 et le département 93 réunis se retrouvent sur la ligne 13 du métro. De préférence, le matin entre 8h et 9h30, et le soir entre 17h et 19h. Et là, donc, il est 18h30. Paf, dedans.
Jusqu’à présent j’avais l’habitude. Ces wagons remplis jusqu’au dernier millimètre carré, ces odeurs, ces souffles dans le cou, ces sacs dans les reins… Glam’métro… Mais alors là, on ajoute à tout ça la hargne d’une dure journée d’hiver et la flotte des vêtements trempés. En plus (vous allez dire que je les accumule), je dois faire un changement à la station Saint Lazare. Donc un peu comme tout le monde, je marche vite, dans la mesure du possible. Mais le sol est mouillé, donc glissant… Donc un sol glissant + beaucoup de gens pressés, ça fait un gros couillon qui glisse et qui se rattrape sur quelque chose de dur. Ce quelque chose, c’est ton pied. Alors toi, déséquilibrée, tu t’accroches au premier truc qui vient, à savoir une barrière. Mais comme il y a beaucoup de monde, tu négocies mal et tu te la prends dans le ventre, la barrière. Mais tu ne tombes pas. Yeeeah !!!
Alors tu te retournes pour… pourquoi au fait ? Pour recueillir des excuses qui ne viendront jamais. Ben non, le couillon est déjà loiiin, loiiin…
Il est pressé, il a pas que ça à faire, lui.
20.11.06 21:14


L'histoire du pourquoi du comment je fais la morte

Aaaaaaaaaaaargggghhhhh les enfants je vais devenir fooooooollleuh.

Bon on se calme. C’est pas comme si je venais d’écrire l’intégralité de mes aventures, en y mettant tout mon cœur, toute mon âme, et ½ heure de ma petite vie… et que cet horrible dinosaure du cyber café m’a tout effacé. Paf d’un coup, par un caprice soudain. Le dinosaure, on s’en doute, c’est bien un des ordis du cyber, qui a à peu près la moitié de mon âge. Et dont la version de windows est une version piratée-plus-que-ça-tu-meurs.

Mais c’est pas grave. Recommençons. Calmement.

Donc je vous racontais le pourquoi du comment je fais la morte depuis à peu près deux mois. Et ce, en dehors du fait que je sois overbookée (mais on s’en tape, d’ailleurs). Et ce, bien malgré le fait que ça me manque, ce petit monde du blog.

Non, si je fais la morte depuis deux mois c’est parce que… il y a un complot de tous les opérateurs Internet et téléphonie : ils ont décidé de porter atteinte à ma santé mentale. Si si si, c’est vrai, j’te jure !!!

Ca remonte à l’époque où j’ai déménagé. J’avais écrit une jolie lettre à Free, avec leur formulaire, pour dire que moi y’a n’a déménager, mais moi y’a n’a quand même vouloir Internet à ma maison à moi. Pas de réponse. Pas grave, je les appelle. Heureusement, comme j’ai déjà eu pas mal de démêlés avec eux, j’ai droit à un numéro spécial. Même que les conseillers ils te répondent, quand tu fais ce numéro.

Alors là on m’a dit, tel Charles du haut de sa tribune : « Je vous ai compris ». Juste après, de belles promesses : « oui alors vous ne faites rien, on s’occupe de tout : c’est nous qu’on va réactiver la ligne qui existe déjà dans ce logement, en accord avec France Télécom. Ouais, c’est nous qu’on fait tout, et vous, vous avez qu’à vous tenir au courant sur le site de Free. » Moi, crédule, j’obéis, je laisse faire et je vais régulièrement sur le site. Au cyber du coin (celui avec les dinosaures dedans).

J’attends un mois… Entre temps, organisée comme je suis, j’ai perdu le numéro magique qui fait que les conseillers de Free répondent au téléphone. Alors tant pis, j’appelle leur 3244… Sans résultat. Si : une facture de portable scandaleuse. Donc un jour, y’en a marre. J’appelle France Telecom, à qui Free a demandé de réactiver la ligne. Je le sais, c’est écrit sur le site : « la validation de la ligne a été faite par France Telecom. En attente d’activation… »

Là, une voix enchanteresse me répond : « non non non non non, c’est impossible, vous n’êtes pas dans nos fichiers, c’est impossible de réactiver une ligne à votre nom, la ligne existante appartient à l’ancien locataire… Non non non non non, Free n’a pas le droit de faire ça, il n’y a aucun accord entre nous, oui oui oui oui oui, ça fait un mois qu’ils vous mènent en bateau… »

Alors moi, passablement en colère, je décide de résilier Free. Je demande l’ouverture immédiate d’une ligne téléphonique chez moi. « C’est bon, votre ligne sera en état de marche cet après midi dès 15h ! ». Génial. Bon, je crois que je vais aller chez Orange, ils sont peut être plus fiables. Et je vais donc chez Orange. J’achète une Livebox, avec le pack, enfin la totale quoi. Le truc dont j’ai besoin, sans vouloir faire ma difficile, hein…

Je rentre chez moi ma Livebox sous le bras, avec la promesse qui résonne à mes oreilles : « la semaine prochaine, vous aurez Internet et le téléphone illimité… ». Seulement quand j’arrive chez moi, je décide d’essayer ma nouvelle ligne. Rien. Ca ne marche pas. Alors je retourne à l’agence pour appeler le service client (oui parce que mon forfait de téléphone portable crie pitié. Non, pire, il est massacré). Là, une voix douce mais énervante (gggh…) me dit qu’il faut appeler tel numéro pour arranger ça. Mais pas après 18h30 : pas de bol, il est 19h.

Le lendemain, j’appelle ledit numéro. Après trois tentatives, un jeune homme enjoué me répond. « oui, c’est bien au deuxième étage que vous habitez ? » « non, c’est au rez de chaussée… » « oups pardon, on s’est trompé !! ». Bon, une fois la bourde réparée, j’ai enfin le téléphone (payant) chez moi.

Maintenant, installation de la livebox... Rien ne marche. J’attends quelques jours, peut être que je suis trop impatiente… Toujours rien. Alors j’appelle leur 3900. Au bout d’une demi heure d’attente, une voix condescendante me dit que ça va couper, parce que le temps de communication est écoulé (une ½ heure…). Là, je me retiens de lui crier des douceurs à l’oreille, puisqu’il me dit qu’il va me rappeler tout de suite après. Donc ça raccroche. Le « tout de suite » passe. Je passe à autre chose, décidant de m’improviser une petite séance de yoga, tiens, comment on fait ça, ce truc qui détend ???? Gnnnnnnnnrrrrrfffffh, j’y arrive pas.

Mais ce n’est pas grave, parce que la voix condescendante rappelle. « Bon alors, j’ai regardé votre dossier, il y a un problème dans l’activation de la ligne adsl. » « Noooooon ?? »
Alors là, j’aurais jamais du le dire, ce « noooon ?? ». Ca a causé ma perte.

A partir de là, j’estime qu’il sera plus utile de traduire ce que m’a dit la voix condescendante : « alors écoute moi, ma jolie conne. Je suis sûr que tu n’es qu’une jeune étudiante qui connaît rien à l’informatique et encore moins au droit, donc on va pouvoir t’arnaquer tranquillement. Alors là tu vois, y’a un gros gros problème sur ta petite ligne, alors pour que tu te calmes je vais te sortir une explication embrouillée avec des termes techniques, et je vais te faire croire qu’on va s’occuper de tes trucs. J’envoie ton cas au « niveau 2 ». Tu sais pas ce que c’est ? Moi non plus. On s’en tape. Alors comme c’est un gros gros problème très sérieux, on peut pas te dire quand ça sera résolu, parce que c’est Mac Giver lui même qui s’occupe de ton affaire. Alors tout ce que tu as à faire maintenant, c’est prendre ton petit téléphone et rappeler une autre fois. Voila… »

Moi, qu’est ce que je fais ? Eh ben je rappelle une autre fois, quelques jours après. Cette fois, au bout de seulement 20 minutes, je tombe sur une voix enjouée et efficace. Cette voix me laisse parler, et me dit « oui, alors je regarde votre dossier [il est pas parti au niveau 2, mon dossier ?], et c’est vrai, y’a un problème technique, c’est qu’une broche aurait du être changée, et en fait elle a été enlevée, et on l’a pas remplacée. Je fais en sorte que ça soit fait en urgence, et d’ici la fin de la semaine, vous aurez Internet ».

Inutile de dire que la fin de la semaine passe, et le début de la suivante aussi. Alors je rappelle encore. Mais maintenant, ça doit vraiment les embêter, de me répondre. Je passe ½, je rappelle, je passe une autre ½, je rappelle le lendemain, pareil… Ce que j’aime par-dessus tout, c’est cette voix infernale qui te dit d’un ton doucereux « votre attente est estimée à moins de 8 minutes », et qui ensuite te répète pendant une heure et demi « veuillez patienter, un conseiller va répondre à votre appel »…

Alors bon, je me lasse assez vite, quand même. Ca fait trois semaines que j’ai acheté cette livebox. A ce jour, sa seule utilité est de servir de veilleuse, la nuit. Donc ma décision est prise : je retourne à l’agence, et si dans une semaine maxi c’est pas arrangé, je résilie et je veux être remboursée. Donc, bon, je vais à l’agence. Pendant que je fais la queue, je me prépare psychologiquement à avoir l’air énervée et menaçante. Parce que c’est pas mon genre, de taper des scandales en public, quand même. Mais une fois n’est pas coutume…

Bizarrement, cette fois je tombe sur quelqu’un qui semble réellement efficace. Je veux dire, qui a l’air de vouloir résoudre mon problème. D’ailleurs c’est marrant, il ressemblait beaucoup à mon oncle. Donc bon, inutile de dire que je l’aimais bien, celui là. Il a fait plein de trucs avec son ordinateur et son téléphone. Pour résumer (on y a passé une autre demi heure, lui-même galérait terriblement) : la nana qui m’a fait mon abonnement à l’agence, y’a trois semaine, elle s’est plantée. Elle m’a fait un mix entre deux abonnements, de telle sorte que forcément, ça coince à la technique, parce que mon dossier est contradictoire. En plus, la facture que j’ai reçu, qui fait 100 euros, et qui m’effraie beaucoup… Eh bien ça fait partie de l’erreur, je ne dois pas la payer. Alors bien sûr, tout ça, on ne pouvait sûrement pas me le dire avant, hein… Bon, alors après, il m’a promis, mon héros, qu’il allait s’occuper personnellement de mon cas, et que « en début de semaine prochaine vous aurez Internet ». Impression de déjà vu.

Du coup, je lui ai promis que si c’était pas le cas, je voulais me faire rembourser, et que même que peut être, j’allais m’adresser à une association de consommateurs, parce que là c’est la blase, quand même. Alors mon héros, il a dit « oui oui, mais ça ira, et puis s’il y a un problème je vous rappellerai… »

L’abonnement Internet, ou la recherche du Saint Graal.

Le pire, c’est que dans 8 à 10 mois, je déménage encore… et que tout va recommencer.
17.11.06 20:52


20 ans, le bel âge

...Et aussi, je voulais vous dire que depuis 5 jours, j'ai 20 ans révolus.

Voila, c'est tout (non, inutile de me souhaiter bon anniversaire, c'était juste pour donner de mes nouvelles, celle ci en est une, et pis même si tout le monde s'en fout que j'aie 20 ans, ben je le signale quand même. Na).

Ouais, j'suis une "p'tite". Et c'est le moment où je dois citer ma référence absolue : les Inconnus. "ON VA TOUS LES NIQUER !"

Pourtant, je dois bien reconnaître que malgré ce triomphalisme plus ou moins affiché… ben j’ai les genoux qui louchent. Ca fait presque un mois que j’ai méga super mal à un genou, et maintenant depuis deux semaines l’autre aussi s’y est mis. Faut dire que ça fait la troisième fois que ça me fait mal à ce point là, d'habitude ça fait "clac" mais je m'en fous un peu, ça finit toujours par passer.

Alors du coup, j’ai eu droit à une attelle et des béquilles (je vous raconte pas la galère dans le métro…). Mais c’était sans résultat autre qu’un mal de dos foudroyant et des bleus à mes pauvres petits bras. Alors j’ai lâché les béquilles, et je me suis mise à marcher doucement, voire à boiter, comme une ‘tite mamie. Alors j’ai passé une IRM, avec un chèque de 165 euros, bande de fucking-businessmen-qui-perdent-pas-le-nord. J’ai eu droit entre temps à deux diagnostics : le ménisque, les ligaments (ouais mais là, j’ai aussi l’autre genou qui fait mal alors quoi, je somatise ?). Et puis, on a accusé mon cartilage. Sur l’IRM il est bizarre, et j’ai du liquide dans le genou. Bon. Alors maintenant, l’avis d’un orthopédiste.

Et là, tout s’éclaire !! J’ai les genoux qui louchent. Un strabisme rotulien, comme il dit. Je marche en dedans, quoi. Et personne s’en était rendu compte. Avouons le : je suis quelqu’un qui est capable de s’asseoir en W, à savoir le cul par terre, et les talons collées aux hanches. ‘Paraît que c’est pas normal, moi j’y avais jamais prêté attention. J’en était même plutôt fière, j’étais la première aux exercices d’assouplissement, en sport. C’était bien la seule chose pour laquelle j’étais la première en sport, d’ailleurs.

Ca viendrait de mes fémurs, qui sont antémachin-truc. Bref, qui louchent un peu aussi. En plus il a dit, mon sauveur, que j’avais les pieds creux, « magnifiquement creux ». Je commence à me sentir un petit côté Elephant Man… Bon, alors il paraît que ça fragilise tout le reste, puisque tout mon poids se porte uniquement sur mes talons et mes orteils. Ah. J’ai enfin l’explication à mon 8 de moyenne en sport, qui m’avais traumatisée en terminale (j’avais pourtant fait tout mon maximum, ouais !). Quand ma maman a su ça, elle s’est écriée « Zut ! Je t’ai ratée, alors ! ».

Bêaggghuuuuuïïïkkkkkrrr, comme disait Elephant Man.

Donc dans tout ça, on en vient au traitement. Semelles orthopédiques, ça va de soi (aaaaah c’est pour ça que je troue toujours la semelle de mes chaussure au niveau du talon ?). Séances de kiné. Tout plein. Et le meilleur pour la fin : si la kiné n’a pas d’effet, on refera un scanner pour voir encore. Et après (et là c’est très drôle), on me fera une opération dont j’ai pas retenu le nom de fleur, mais qui consiste à….me scier les os pour les ressouder dans le bon sens. Alors là, J’A-DORE.

Promis, je vais les faire, mes séances de kiné.
21.10.06 12:50


L'histoire de Mohamed Reza

Here I am !!!!!

En direct de l'ordi familial... A Perpignan.

Je suis en train d'écrire, et en même temps je regarde un documentaire sur la 5ème, sur Ispahan (en Iran, pour les incultes). SO INTERESTING !
J'aurais l'air de radoter si je disais qu' "un jour j'irai sans doute voir, là bas".

Et pourquoi pas ? Parce que "c'est trop différent".... "Attention tu vas te retrouver avec la burqa, hein !!", "une fille là bas c'est mal vu tu sais !". Bon. A entendre ces mises en garde, j'ai l'impression que c'est un pays de fous furieux. Au vu de ce que j'apprends, c'est bien loin d'être le cas (mascarades de Mahmoud Ahmadinedjad mises à part, et encore). Porter une burqa... Je me demande ce que ça a de diabolique, au fond. D'aucuns trouvent ça hypocrite; moi, je trouve ça moins hypocrite que cette prétendue libération de la femme qui a porté les soutiens gorges au nues, dès les années 60. Ces soutiens gorges exhibés et ces mini jupes n'ont pas permis aux femmes de mieux se faire respecter, elles sont toujours autant considérées comme des objets, par des gens qui ne se l'avouent même pas.

Donc ça, c'était le coup de gueule du jour. Prête à débattre si quelqu'un en a envie. J'adooooooooore.

Changement de sujet. C'est l'histoire d'un petit réfugié afghan de la 2ème génération, à Ispahan. Il a 10 ans. Le matin, il va à l'école, et l'après midi jusqu'à 8 ou 9h, il cire des chaussures.

Il a deux frères qui travaillent aux champs pour, comme lui, faire vivre sa famille, car leur père est trop vieux pour travailler. L'homme aimerait travailler, pourtant, mais maintenant on le refuse sur les chantiers, on dit qu'il n'a plus la force. Alors c'est Mohamed Reza, son fils de 10 ans, qui cire des chaussures.

Mohamed a un rêve. Il voudrait travailler à la mosquée d'Ispahan. Elle est tellement belle... Chaque jour il va cirer ses chaussures dans les jardins qui l'entourent, là où les gens riches viennent se reposer dans la fraîcheur de la végétation et des bassins. Cela n'a pas changé depuis les Safavides...

Aujourd'hui, Mohamed cherche des clients. Il parle et explique sa vie, son amour d'Ispahan, ses rêves... Il parle comme un homme. Il a dix ans, de belles joues rondes, un grand sourire et des yeux un peu tristes, un peu rêveurs. "J'aimerais travailler à la mosquée... Un jour si Dieu le veut, je bâtirai une coupole comme celle ci, elle est tellement belle".

Et c'est vrai qu'elle est belle. Son souhait est si ardent qu'il reste des heures à tourner autour de la mosquée, à chercher des clients. Alors un jour, un vieux monsieur sort de la mosquée. Il a les mains calleuses, et un grand sourire aux lèvres. Mohamed, à la fois adulte et enfant, réaliste et candide, lui fait part de son rêve. Alors le vieux monsieur lui propose de boire un thé avec lui, pour qu'il se repose. Dès lors, Mohamed Reza raconte sa vie, et quelqu'un semble lui porter intérêt.

Quelques jours, quelques mois plus tard, on retrouve notre garçon aux côtés du vieil homme. Mais cette fois, ils sont dans un atelier. Des oeuvres d'art les entourent, des mosaïques, des rosaces, des faïences... Le vieil homme est tailleur de pierre. Il travaille à la mosquée. Alors il dit au garçon : "tu n'as pas d'avenir dans ton métier. Si Dieu le veut, je ferai de toi un tailleur de pierre. Ispahan est une ville d'artistes, et toi, tu es aussi Ispahan."

A méditer. Un peu.


21.10.06 11:50


En direct du cyber du coin

J'ai plus internet !!! C'est la raison pour laquelle je ne passe plus sur vos blogs et écris encore moins sur le mien.

Mais cela ne saurait s'éterniser, j'attends avec impatience le petit mail de free qui me dira "votre ligne est activée, vous pouvez désormais continuer à écrire toutes vos conneries sur 20six".

D'ici là, permettez moi, mes enfants, de vous embrasser bien fort...
10.10.06 11:21


Chronique urbaine 3

Il est 20h, je sors du cours d'histoire de l'Inde. J'ai de l'Inde plein les neurones et plein les yeux. Je rentre dans le métro en repensant au dixième Mandala, avec le Purusa qui fait "l'acte de naissance de l'Inde", dans la littérature védique... (comment ça "on comprends rien à ce que tu racontes ?") Je repense à ce système de caste finalement très compréhensible, et aux dynasties capitalistes familiales...

Bref, je rentre dans le métro. Toujours avec mon éternel bouquin, qui me plonge dans un autre temps, un autre monde.

Un quart d'heure plus tard, me voila à Sully Morland. Je monte les escaliers déserts (c'est une petite station), et vais me caler dans l'abribus. Je regarde les horaires du soir : 10 minutes à attendre avant l'arrivée du 86. Rapide calcul... Oui, ça ira plus vite même si je l'attends.

Mais un bus arrive, là tout de suite. Ou plus exactement : un bus était là, mais comme il n'y avait pas écrit "86" dessus, je ne m'en préoccupais pas trop. J'avais bien vu "bus social" écrit dessus...

Mais voila que le chauffeur me fait des signes. Il me propose de monter. Ah bon ?

Je vais voir, demande où va le bus et si je peux le prendre. Là, un grand sourire me répond : "c'est le bus des sans abris, mais on peut te déposer quelque part si tu veux, et si c'est sur notre chemin ! Tu vas où ?"

Et moi de répondre : "ledru rollin !" Oui, il y a bien écrit RATP sur leurs t shirt, ils savent où c'est... Je dis "ils" parce que c'est une équipe. Ils sont quatre. Une vitre les sépare des sans abris qui sont derrière, sur les sièges.

"Ok, on te dépose à Bastille alors ! Tu savais pas trop ce que c'était que ce bus, hein ?"
"Bah... non... Et je sais toujours pas en fait !"
"Aaaah ben ça c'est un bus qui passe tous les soirs pour ramasser les sans abris et les emmener à Nanterre, à l'hôpital, pour qu'ils prennent une douche et de quoi manger..."
"Whahou !! mais alors le sens initial du mot hôpital existe toujours ?"
"Ouais !"

Ils étaient adorables, ces gens. Ils m'ont expliqué que ce service est en place à la RATP depuis 1945. En fait, tout agent travaillant à la RATP doit effectuer 5 ans dans ce service, qui va chercher les sans abris dans le métro et les dépose à ce qu'on peut légitimement appeler l'hospice. Le matin, ils les ramènent en ville, et normalement ils ont eu un lit, une douche et deux repas.

"Ben disons que pendant au moins 5 ans de sa vie, on fait quelque chose de bien, comme ça !", me dit le chauffeur. Ils travaillent jusqu'à minuit, et le matin ils commencent à 8h (enfin le service, quoi).

"Oui c'est vrai, les gens savent pas trop que ça existe, c'est assez discret en fait". Ma parole ! Et la RATP n'a même pas fait de pub pour ça ! Ou alors je ne l'ai jamais vue !

Alors tout à coup, je me suis sentie transportée dans un monde vraiment très beau. Une compagnie de transport qui aide les sans abris à vivre décemment, de la façon la plus GRATUITE qui soit ! Alors ça existe pour de vrai, la générosité à (plutôt) grande échelle, en dehors des ONG ? La générosité écrite noire sur blanc dans le rêglement d'une entreprise ?

"Tu veux t'arrêter où, ici où à l'autre bout ?" "A l'autre bout".
Whahou, c'est bien la première fois que je prends un bus où c'est moi qui décide de l'arrêt.

J'aurais bien continué à discuter avec eux, pourtant ma route allait tout droit alors qu'ils prenaient à gauche.

Mais j'étais contente.
27.9.06 22:14


Chronique urbaine 2

Il est 12h. Je suis en train de dire au revoir à ma supérieure. J'ai fini mon travail d'ici pour la journée : tout s'est bien passé, même si pour la première fois j'ai du m'énerver pour me faire obéir.... Oui ! Moi ! A la cloche de la fin de pause, un groupe de caïds qui ne voulaient pas stopper leur match de baby foot... Ben je l'ai fait, je me suis énervée, et deux des caïds ont même pris mon parti pour convaincre les autres de bouger. Il y a des lois que je ne m'explique pas très bien, mais enfin si ça marche pour moi...

Il est 12h20. Je suis maintenant devant la dalle des Olympiades à Tolbiac. Je m'avance pour monter les escaliers. J'ai cours dans 10 minutes, mais avant je voudrais passer prendre de la doc sur Erasmus dans le bureau de la responsable du dit programme....

Oui, parce que j'aimerais bien passer 6 mois en Espagne, et plus précisément à Séville, à la rentrée prochaine.

Bon. Un jeune homme avec une oreillette m'arrête.

Jeune homme : Désolé, si vous voulez bien attendre 2 minutes, on est en train de tourner un film...

Moi : Ah bon ? Quel film ?

Jeune homme : Un film de "biiip" (j'ai zappé le nom), avec "biip" (actrice dont j'ai encore zappé le nom, toute à mon petit monde Erasmus que j'étais. Mais je vais faire une tite recherhe, promis) et Romain Duris. Ca s'appelle "L'Age d'homme".

Moi : et ça sort quand ?

Jeune homme : Je ne sais pas...

Moi : et ça ferait pas plus naturel si il y a des gens qui passent ? Non parce que là je suis à la fac en fait, et là il faut que j'y rentre, là tout de suite, j'ai plein de trucs à y faire...

Jeune homme : Bah non, on a déjà des figurants... Et puis si on a des angles avec des gens qui apparaissent et d'autres où les gens n'apparaissent pas ça fera bizarre non ?

Moi : Mouais. Bon.

D'autres que moi seraient excités, mais j'ai toujours un réflexe étrange qui veut que j'aie l'air blazée dès lors qu'un évennement exceptionel se déroule sous mes yeux.

Exceptionnel ? Des tournages de film à Paris, ça tu sauras en trouver, une fois...

Finalement le jeune homme lance d'une voix enthousiaste "c'est bon vous pouvez y aller merci beaucoup !"

Alors je monte ave entrain. Je tourne quand même la tête vers les caméras et autres ustensiles étranges et inconnus du monde du cinéma. Là, un homme tout bronzé avec des cheveux gris ébouriffés me fait un laaaarge sourire. J'y répond par un sourire...plus petit. Mais c'est qui d'ailleurs, ce type ? Et puis je cherche les acteurs, au cas où. Là, sous mes yeux, Romain Duris papote avec sa collègue.

Bon, et alors ? Je trace et entre dans les locaux de la fac. Puis tout à coup, dans le dédale des couloirs menant au bureau Erasmus, je me souviens de la scène prise-de-tête du début de L'Auberge Espagnole pour que Xavier arrive à ses fins...

Hey mais Xavier c'était le petit mec que j'ai vu tout à l'heure ! C'était Romain Duris ! Et tiens, lui aussi il se préparait à faire Erasmus en Espagne...

Comme quoi....

Ben non, comme quoi rien du tout. Bon.

Sauf que maintenant, il est 14h. Sur le trottoir, je marche et discute avec Félix, nous allons en amphi d'histoire de la Grèce à Jussieu. Alors je lui raconte la coïncidence ridicule à laquelle j'ai pensé tout à l'heure.

Et à ce moment là, qui je croise ? Un petit mec à la veste bleue trop grande pour lui... Un sac en bandoulière... Mal rasé.... ROMAIN DURIS !! Encore lui ! Cette fois il marchait seul dans la rue. Mais enflammée par la conversation, je parle, je parle, et c'est un quart de seconde trop tard que je me rends compte qu'effectivement, c'était lui.

Bon. Lui courir après ? C'te blague. Pour lui dire quoi ? "j'aime beaucoup ce que vous faites" ? Ho la honte absolue. Déjà parce que bon... j'ai du voir quoi... trois films dans lesquels il a joué...

Ben vous voulez que je vous dise ?

Romain Duris il a pas de charisme, il dégage pas grand chose. Il est...normal.

Et j'en suis fort aise.
26.9.06 19:45


Chronique urbaine

Il est 19h45, je viens juste d'entendre le message d'Ana. Ca fait deux heures que j'essaie de la joindre, elle m'indique sur le message que son portable est à plat et qu'elle m'attends à l'autre bout de Paris. J'enfile mes bottes-de-la-mort-qui-tue...

Je pars. Bon, après moults péripéties, on arrive à se retrouver, elle me tend les papiers de l'agence... Et puis chacune repart de son côté, parce que c'est tard et que demain, levées aux aurores. Il est 20h40. Elle habite loin et moi, j'ai encore du travail.

Je reprends le métro, avec changement à Bastille.

J'arrive sur ma ligne 8, le métro est attendu pour dans 6 minutes. Tous les sièges sont pris, sauf un. Je m'assoie donc à côté d'un jeune homme qui semble très attirant. Mais je ne le regarde pas, je continue la lecture passionante de mon livre. En toute sincérité, rine ne m'intéresse plus que ce livre, à cet instant.

Les 6 minutes passent, et je n'ai même pas levé les yeux sur son visage. Le train arrive.

Il monte dans la même rame que moi, mais je lis toujours. Oui, même si je descends à la station suivante... Mais mes yeux ont malgré tout envie de se lever vers lui, maintenant. Alors je ferme mon livre, d'autant plus qu'à cet instant le train arrive en station.

Je crois qu'il a vu que je le fermais, il était en face de moi. Quand j'ai levé les yeux je l'ai vu mimer un "ah" de la bouche, et lacher la barre pour descendre.

A présent il me tourne le dos, prêt à descendre.

Nous descendons mais il marche assez vite. Je décide, sans trop savoir pourquoi, de l'égaler. Sans doute encore par jeu, à ce moment.

Et puis je l'égale, et je le regarde : il est beau. Il dégage une sorte de poésie, une beauté qui me touche. Il semble comme emmitouflé dans quelque chose... Comme s'il avait une sorte de carapace de froideur pour marcher dans la rue, alors que ses yeux dégagent énormément de chaleur. Sa bouche semble faite pour sourire, mais ses jambes marchent vite, comme les robots que deviennent souvent les passants parisiens.

On passe côte à côte le portail de sortie. Mais je suis alors trop timide pour rendre mon regard insistant, et moi non plus je n'ose pas sourire, moi aussi je marche vite, moi aussi je préfère regarder ailleurs.

Il prends la sortie opposée à la mienne. Alors je me dis : "dommage, c'est fini..."

Je monte les escaliers, et une fois dehors... Il a déjà traversé la route et l'on se croise encore. Moment inattendu, je suis surprise et ressent une étrange chaleur, ce genre de sensation qui vous met mal à l'aise face à quelqu'un qui vous attire vraiment. Je crois même que je rougis...

Nos regards se croisent. Un éclair. Je le regarde dans les yeux, mais je vois en même temps une ébauche de sourire sur ses lèvres. Pourtant, tout ça ne dure qu'un dixième de seconde... J'en oublie même de lui sourire.

Je tourne à l'angle de la rue, je marche, je prie pour qu'il me rattrape... Je me retourne. Rien. Alors je me dis que j'aurais du le faire.

J'aurais du l'accoster, lui dire n'importe quoi du style "bonsoir, je ne sais pas pourquoi mais j'ai envie de vous revoir"... J'aurais du faire demi-tour et le rattraper... Mais pendant que je me dis tout ça, je continue ma route. Je regrette, mais mes jambes marchent toutes seules et je n'essaie pas de les retenir. Il doit être déjà loin... Quelle rue a-t-il prise ? Et s'il avait justement rendez vous avec sa compagne ?

Je rentre chez moi, je me sens minable. Peut être que lui aussi a hésité, peut être que lui non plus n'a pas osé. Ah, ce cliché qui veut que ce soit toujours les hommes qui fassent le premier pas...

Tant pis.
25.9.06 21:32


Ouh pinaise...

Mes enfants, je suis débordée.

Cours, job, exposés et présentations à préparer, permis, cours du soir d'espagnol, déménagement...
Je vous ferais de belles notes plus tard.
D'ailleurs, je compte déménager (encore) un de ces quatre, sur Canalblog par contre.

"Laissez la police faire son travail, et quand nous aurons de plus amples informations, soyez sûrs que vous en serez les premiers informés."

22.9.06 19:49


Ma journée

Ce matin, j'ai un peu le trac. Je vais commencer mon nouveau job. J'aurais du commencer avant, mais j'ai été obligée de changer mon planning. Alors je me lève, il est 6h30, et j'espère que je ne vais pas regretter mes choix. A peine les yeux ouverts, le monde se rappelle à moi. La porte de l'armoire me reste encore entre les mains, la lampe ne fonctionne toujours pas, ces lettres ne sont pas postées, c'est le bordel tout autour de moi, et... je n'ai rien à me mettre sous la dent que du nougat chinois de chez Tang&Frères. La litanie des "il faut que je..." commence.

Je pars.

J'arrive un peu trop tôt, alors j'essaye de prendre possession du bureau. Entendez, je fouille tous les tiroirs. Alors, ma supérieur arrive. Accueillante, chaleureuse, pédagogue... J'ai de la chance. Elle me fait faire le tour des classes et du lycée, elle me présente aux élèves comme au personnel, je découvre l'organisation, ce que sera mon travail, et j'apprends même à me servir d'une photocopieuse (oui, je sais...).

Je prends contact avec les élèves. Il est bon. Très bon, même. Je suis contente ! Cela me donne des ailes, je commence enfin à me rendre utile. Je crois que je serai bien ici. Il y a bien ces deux classes un peu difficiles, mais je devrais y arriver. Mes tâches sont diversifiées et mes collègues sont sympas, je n'en demande pas beaucoup plus.

Tant et si bien que je termine à 15h, sans même avoir mangé. Je dois filer à la fac. J'attrape un sandwich répugnant dans une boulangerie, mais je le mange quand même, ventre à terre pour entrer dans l'amphi et commencer le cours. J'ai encore faim.

Mes yeux se ferment contre moi. La prof parle à toute vitesse, elle s'énerve toute seule, elle nous culpabilise avec ses "j'imagine que vous savez déjà que..." et autres "comme vous l'avez sûrement lu depuis l'année dernière...". C'est agressant.

Je lache prise, je lirai des livres... Pour lutter contre mes yeux qui se ferment tout seuls, j'écris tout ce qui me passe par la tête, en captant de temps à autre une référence de livre ou un point à éclaircir.

Et puis le débit s'arrête. Je sors à toute vitesse.

Je vais au cinéma. Je retrouve Tony et Rubaab : nous décidons de nous assoir à une terrasse de café, en attendant de nous faire vider. Ce qui finit par arriver. On aura quand même tenu 20 minutes...

Rubaab s'en va. On rentre dans le ciné. Un délice !! Thank you for smocking, avec Aaron Eckhart. J'aime beaucoup cet acteur, parce que justement c'est VRAIMENT un acteur. Il joue. Bien. Et le film est drôle, piquant, piégeant, ambigu, savoureux. Beaucoup de scènes qui restent gravées dans la mémoire... Une comédie fine et efficace.

Tony part à son cours de sport (je n'ai pas osé demander une nouvelle fois le nom de singe de son art martial... Sans rancune hein!).

Moi, je décide de marcher un peu. Il est 20h30, les gens sont joyeux dans la rue. Je marche, la tête haute et les yeux vagabonds. Je me sens bien, heureuse d'être ici. Au milieu de cette ville, de ces monuments, de cette vie. Je me sens à ma place.

Et puis je prends le métro. Là, un homme traverse le wagon en essayant de vendre aux passagers un journal pour les sans abris. Il passe, chevelu, bossu, grimaçant et boiteux... Et derrière sa tête... Une espèce de chose immonde et violette qui lui mange la moitié du crâne, un énorme furoncle qui me fait fermer les yeux d'horreur.

Mon arrêt. Je descends. Je prends les escaliers, il y a du monde. C'est normal, le quartier est très fêtard. Mais à un recoin de couloir, en bas d'autres escaliers... Un gros ruisseau de sang. Rouge vif, qui sillonne entre les légers reliefs du goudron. Des gens qui s'affairent. Un homme à terre, évanoui, les jambes étalées sur les premières marches, la tête sur un coussin de fortune. C'est d'elle que coule le sang. Il est inconscient. Tout ce rouge...

Un homme demande de l'eau. Je passe, souhaite ne pas le gêner dans ses efforts, d'autant plus qu'il n'est pas le seul à s'affairer. Mais pourtant je ne vois pas le samu, je ne vois pas les pompiers, rien. Alors je pense aller au guichet pour prévenir. Je fais quelques pas, et je réalise que je ne suis sûrement pas la première à y avoir pensé. Puis, je me souviens soudain que l'homme a demandé de l'eau... J'en ai dans mon sac. Je veux revenir, mais il y a trop de monde,et en même temps que moi arrive le personnel de la station, qui parle dans un talkie walkie. Je me sens bête...

Mais ce sang. J'aurais voulu l'aider. Je me sens bête, oui.

Je continue. Dans un autre couloir, des sons résonnent. Des sons âcres, aiguisés. Un accordéon. Un tango. Mes frissons...

Le clochard. Le sang. Le tango.

Je suis dans la ville lumière.



21.9.06 21:51


Le concentré de conne

Alors elle nous a dit : "si j'étais la directrice d'une école privée, je prendrais les élèves sur dossier et selon le salaire de leurs parents"

Et ensuite elle a aussi dit : "mais ouvrez les yeux, en France tout le monde est hypocrite, moi je dis la vérité"

Ben tiens... Le nouveau Jésus est arrivé. Au son d'"égalité des chances", elle a répondu telle Saint Jean Baptiste dans sa flaque d'eau : "les quotas de Science Po..."

Pardon, je blasphème. Ce serait dommage de me mettre à son niveau, elle qui refuse de devenir musulmane pour d'excellentes raisons : " moi musulmane ? Dieu m'en garde ! Porter le voile et être coincée à la maison à prier toute la sainte journée, très peu pour moi, hein".

...

Et puis après, elle a dit : "oui, je travaille à macDo. Ben oui, j'ai la bourse, comme vous !" Seulement après elle s'est un peu enflammée : "...donc je lui ai proposé de l'emmener à Cuba, mais il a préféré aller au Maroc ! Bon, c'est vrai que de mon dernier voyage au Vénézuela, j'avais déjà rapporté des boîtes de cigare par dizaine, à 50 dollars l'unité..."

Et mon cul c'est du poulet, comme on disait à l'époque...

Enfin, elle a encore dit en me regardant : "Alice, euh non, euh...Comment elle s'appelle déjà ? ... Ah oui, Marion. Elle est marrante, Marion, c'est vraiment la Française de base !" Et moi, interloquée, de répondre "Euh... Oui, bon, moi c'est Marion, effectivement. Et "de base", en quel honneur ?"

Alors là, elle s'est dépassée dans le grand n'importe quoi : "Ben je sais pas, tu vis en collocation comme une grande (merci...) (et puis d'où la collocation est une coutume française ?), tu fais des études tout en travaillant (et donc ?...), et puis tu es montée de ta province pour venir à Paris (nous y voila)..."

"Ce qui fait de moi une Française de base ?"

Tout à coup je me suis sentie appartenir profondément à la France d'en bas.

Vindiou...
18.9.06 20:46


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